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GRANDE INTERVIEW DE ALADJI TOURE

Aladji Touré: « La presse privée écrite guinéenne est beaucoup appréciée à l’étranger».

Le concepteur du site Internet ‘’radio-kankan.com’’ et directeur de la publication de ‘’Diaspora Magazine’’, Aladji Touré était récemment l’invité de votre journal. Le journaliste concepteur en a profité pour faire le diagnostic de la presse nationale. A bâtons rompus.

 

 



L’Universitaire : Présentez-vous à nos lecteurs

Aladji Touré : je suis Aladji Touré, concepteur du site ‘’radio-kankan.com’’ et Directeur de Publication de’’ Diaspora Magazine’’. Je suis né à Kankan. Et c’est dans cette même ville que j’ai fait mes études primaires et secondaires avant de continuer au lycée et à l’Université à Conakry. Je suis juriste de formation et par passion, j’ai opté pour l’informatique.

 

Et l’informatique n’a pas de secret pour moi. Je m’occupe plus particulièrement du ‘’Web Service’’. Je réside en Allemagne depuis plus de dix ans. Je suis en Guinée dans un cadre professionnel et j’ai presque rencontré tous mes confrères de la presse guinéenne et échangé avec eux des idées porteuses de résultats. Ensuite, j’ai rendu visite à ma famille et à certaines organisations de la place.

 

Votre Site héberge de nombreux journaux guinéens. Peut–on parler de rentabilité dans ce genre de collaboration ?

 

Dans un premier temps, je me suis occupé de la création et de la promotion du site. Un site qui a pour objet, la promotion de la musique et de la presse guinéenne. Voyant que les autres pays se sont fait connaître à travers l’Internet, j’ai jugé opportun d’en faire autant pour mon pays. Lors d‘un de mes voyages en Guinée, j’ai eu à rencontrer quelques journalistes qui m’ont raconté leurs difficultés dans l’exercice de leur métier comme la diffusion de l’information, le manque d’initiation aux nouvelles techniques de l’information et de la communication, etc.

 

Une fois en Allemagne, j’ai essayé de créer un site pour héberger certains journaux. Et la rentabilité dépendra des directeurs de publication. Ils doivent savoir que, hormis la politique et l’Actualité, ils peuvent émettre des idées de créativité, de promotion et d’invention qui iront dans l’intérêt des deux parties. Car, plus un site a des partenaires, plus il est alimenté, plus il devient rentable.

 

Tout récemment, nous avons assisté à un bras de fer entre votre canard ‘’Diaspora Magazine’’ et certains responsables de la culture guinéenne en l’occurrence Isto Keira et Riad Chaloub, respectivement de l’Agence guinéenne des spectacles et du BGDA. Pouvez–vous nous dire ce qui s’est réellement passé ?

Je ne pense pas que cela puisse être considéré comme un différend, à partir du moment où nous défendons tous, le même idéal : la promotion de la culture guinéenne. M. Keira et M. Chaloub ne sont que des frères à moi et ils font d’énormes efforts pour propulser la musique de chez nous. Certes, il y a eu incompréhension dans le passé mais tout est rentré dans l’ordre. Et par conséquent, je reste à la fois, leur petit frère et leur collaborateur.

 

Vous êtes promoteur, concepteur de site, journaliste…

Je suis quelqu’un de pragmatique. Je combine ces trois efforts pour sortir quelque chose de positif. Avant, nos ressortissants se mobilisaient pour organiser des concerts dans des pays différents avec de sérieuses difficultés de négociation, de programmation et d’organisation Aujourd’hui, auprès des autorités allemandes, je négocie l’arrivée et la promotion des artistes guinéens à l’étranger qui, une fois le concert terminé, retournent au pays. Avec ce contrat, tout se passe bien.

 

Quelle appréciation faites-vous aujourd’hui de la presse guinéenne ?

La question est venue à point nommé. Seulement, ce que je conseillerai aux journalistes, c’est l’objectivité. Ils sont les yeux et les oreilles du public. Aux guinéens de l’extérieur, je leur demande de faire comme moi si non mieux pour la promotion de la Guinée. Il y a un point que tout le monde minimise, pourtant de taille : c’est la formation continue des journalistes. Boubah l’a fait avec Abdoulaye Youlaké. Et cela constitue un bel exemple de collaboration et surtout un modèle à suivre pour les autres propriétaires de journaux et de sites.

Mon problème, c’était d’offrir des sites aux journalistes. La prochaine étape concernera l’utilisation de ces sites. Il faut que les utilisateurs des sites sachent rentrer dans les paramètres et savoir comment en bénéficier. Il y a des publicités dans les journaux. Ces publicités, une fois sur le net, procurent de l’argent aux propriétaires et animateurs de sites. Il peut y avoir toute une série de transactions par correspondances à travers les sites d’informations. Le fondamental est d’avoir le site et surtout pouvoir l’utiliser à bon correctement.

 

Vous passez inaperçu alors que vous gérez un site de grande renommée. Rencontrez- vous des difficultés pour son alimentation?

Nous ne rencontrons pas de problèmes majeurs. Mais, il faut reconnaître que nous avons besoin des journalistes qui maîtrisent la langue de Molière. Car nous voulons des articles précis et concis Je profite d’ailleurs de l’occasion pour dire qu’être sollicité ne veut pas dire parler automatiquement de l’argent. Dans les temps, j’ai toujours eu des malentendus avec mes premiers collaborateurs. L’argent vient après le dynamisme, la promptitude et la patience. Parlant de la simplicité, je suis toujours avec mes amis, je partage tout avec eux. C’est pourquoi, je mets ma connaissance à la portée de n’importe qui. En Allemagne ou ailleurs, on me réserve des places spéciales. J’ai toujours suivi de près les spectacles en faisant des reportages. C’est cela ma passion. Pour bénéficier des connaissances et des apports des autres, il faut être avec eux.

 

Vous êtes journaliste à l’étranger. Comment voyez-vous le journaliste guinéen dans l’exercice de son métier ?

La presse privée écrite guinéenne est beaucoup appréciée à l’étranger. Les journalistes sont à la hauteur de leur travail malgré certaines difficultés qu’ils rencontrent sur le terrain.

Leur condition de travail est souvent déplorable. D’après mon constat, la différence se fait nettement sentir entre les grands et petits journaux. La logique voudrait que ces grands journaux pensent à aider aussi les petits à sortir leurs têtes de l’eau.

 

Quelles mesures avez-vous prises en faveur des sites hébergés sur ‘’radio-kankan’’ ?

Dans un premier temps, nous avons voulu que chaque journal ait la clé du site et qu’il arrive à nommer son site. Pour être crédible, il faut alimenter régulièrement son site pendant deux ans ou plus. Nous avons des dispositions techniques qu’on appelle ‘’ Team play ‘’. Ce système permet d’arranger les photos. Par exemple, si elle est à gauche, on peut l’orienter à droite. Et à chaque fois qu’il y a de nouveaux logiciels, je m’arrange toujours à les introduire dans le site. La radio-kankan a un système qui s’appelle ‘’ Typo 3 ’’. Et ce système est différent des autres. Nous l’avons utilisé pour aider la presse guinéenne. Avec ce système, même celui qui n’a pas suivi un cours en informatique peut actualiser et se familiariser avec ce système. Il prend beaucoup de photos, il a beaucoup plus de possibilité d’accès. Pour ce départ, les dispositions sont d’ordre technique.

 

Radio-kankan reçoit combien de visiteurs par jour ?

Pour le moment, nous recevons 2.200 à 2.700 visiteurs par jour.

 

Depuis quand radio-kankan existe-t-il ?

La radio-kankan est née en 2002. Soit 4 ans d’existence maintenant. Avant, j’étais un simple visiteur de sites. L’idée de création de radio-kankan m’est venue quand j’ai remarqué que la culture était quasi absente sur des sites guinéens.

 

Le site tend à grandir. Comptez vous changer un jour de nom ?

Cela n’est plus possible. Ce nom représente une marque et cette marque, à son tour, représente un produit. Je ne pensais pas qu’il allait évoluer à ce point. Il faut signaler ici que la connotation n’est nullement régionaliste. Ce site pouvait avoir n’importe quel nom, peu importe, c’est la prestation qui compte. Couvrir toute une nation, c’est déjà une fierté et un grand pas pour moi. Dans l’avenir, avec l’apport de mes partenaires, je compte faire autres choses qui porteront le nom de radio-kankan et pour l’instant je mise sur les vêtements.

Y a t-il un sujet qu’on a pas abordé et sur lequel vous voudriez revenir ?

Toujours dans le domaine de l’informatique, je voudrais que les internautes ou journalistes arrivent à faire la différence entre l’hébergement, l’administration et l’animation d’un site. La création d’un logo et dessin coûte chère. Sur ce, je ne peux pas seul tout faire. Je veux que mes collaborateurs soient bien initiés pour la bonne marche du site.

Ces derniers temps, j’ai rencontré des difficultés pour la construction de logos et la création de dessins. Celui qui vient, peut le faire ailleurs et venir se faire héberger chez nous. Pour ceux qui veulent nous contacter, nous sommes à leur disposition pour tout problème qui intéresse l’informatique. Cela est valable aussi bien pour les artistes que pour les musiciens.

 

Il y a une chose qui frappe tout visiteur qui arrive en Guinée : c’est l’unité nationale. Donc soyons unis pour construire notre pays. Démarquons nous de l’individualisme et de l’ethnocentrisme et optons pour le progrès et l’entente pour le salut de la République. Pour finir, j’adresse mes encouragements au peuple de Guinée, à la presse guinéenne. Je remercie tous ceux qui, de près ou de loin alimentent et visitent la ‘’radio-kankan.com ‘’ et la ‘’Diaspora Magazine’’.

 

Entretien réalisé par Mamadou C. Savané et Salématou Bah

 

 

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